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Pour mon rendez-vous reflets, je vous avais montré ces deux photos de toiles exposées au Centre Pompidou de Metz du peintre Lee Ufan.

On pourrait rester sceptique en lisant leur titre : Paysage I, II et III

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Ces oeuvres auraient pu aussi faire partie de l'expo sur la couleur, expo du moment également depuis quelques mois.

L'imagination de Lee Ufan nous fait réfléchir mais ne sommes nous pas  limités dans ce genre car nous n'avons pas l'habitude de projeter notre réflexiion sur autre chose que du tangible, d'une toile figurative comme un vrai paysage sur une toile.

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Paysage II et III

"Ce qu'il y a à voir est ce que vous ne voyez pas"

"Lee Ufan présente ces trois étonnantes peintures dans une exposition collective au Japon en 1968. Après ce coup d'éclat, l'artiste se tourne momentanément son attention, jusqu'ici concentrée sur la matérialité et la gestualité, vers les effets visuels. Ces oeuvres sont à mettre en perspective avec la mouvance internationale de l'Opart ("art optique") qui envahit alors la scène artistique internationale. Les surfaces fluorescentes -rouge, orange et rose- des toiles activent l'environnement autour d'elles en s'y reflétant.

En effet, malgré un titre malicieux annonçant "des paysages" (Landscape), il ne s'agit pas de représenter une réalité mais bien de mettre l'accent sur les conditions de perception de l'oeuvre d'art. Le paysage dont il est question est créé autour des trois tableaux, par l'iridescence des couleurs dans l'espace ou sur le corps des visiteurs.  Ces trois oeuvres sont ainsi plus proches de l'installation que de la définition traditionelle du tableau."

Voici encore quelques autres oeuvres de Lee Ufan vues lors de l'exposition.

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Relatum - Plaques d'acier où le spectateur se retrouve entre deux versions, à deux échelles différentes, d'un même dispositif : quatre plaques de métal posées contre le mur ou les unes contre les autres.  Par la répétition de la structure et l'usage du même maétiau, le visiteur se trouve au centre d'un mouvement d'agrandissement ou de rétrécissement de l'espace. Certaines plaques semblent être tombées au sol jouant avec les notions de gravité, de pesanteur et d'équilibre.

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Correspondance

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Relatum - (Anciennement Phénomène et Perception A)

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La peinture ensevelie - Renouvelant sans cesse les définitions habituelles de l'art, Lee Ufan s'est demandé si la peinture pouvait, comme la sculpture, être en relation avec le sol comme avec le mur. J'ai réfléchi à la façon dont je pouvais valoriser cet espace du sol et j'ai fini par me baser sur le concept de "fouille", qui m'a permis de l'absorber comme un site archéologique et d'inciter à remonter dans le temps et l'espace. Apparaissent ici de nouveaux matériaux dans son oeuvre  -le sable et le gravier- qui sont une forme différente de la pierre. Ce terrain poétique, comme un jardin, laisse découvrir une peinture ensevelie. "Le tableau [...] est comme une ombre. On ne sait pas s'il est en train d'apparaître ou de disparaître. J'ai donc choisi un tableau ambivalent à la fois émergent et évanescent, pour transformer cet endroit en espace où se conjuguent, passé, présent et futur."

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Etude avec des enfants bien concentrés sur leur travail

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Relathum - La chambre du thé

En papier de riz, cette chambre évoque les pièces réservées à la cérémonie du thé dans le Japon ou la Corée traditionnels.

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Lee Ufan en vidéo projetée.

 C'est une exposition très intéressante à voir, je la conseille car elle entraîne le visiteur dans l'art propre de l'artiste.

Lee Ufan. Habiter le temps | Centre Pompidou Metz

La notion de doute, fondamentale pour Lee Ufan, lui permet d'interroger le principe même de la peinture et de la sculpture, et de dépasser la question de l'ego de l'artiste.

https://www.centrepompidou-metz.fr